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Le dimanche 29 janvier 2012

LE JOUEUR PARFAIT

Difficile de trouver mieux que Crosby

29/01/2012 00h33 

 
 
 
Bob Hartley

ZURICH, Suisse

C'est aujourd'hui que sera présenté le match des étoiles de la Ligue nationale à Ottawa et cet événement annuel me rappelle de très beaux souvenirs, ayant eu la chance d'y participer comme entraîneur lors de la classique de 2001 à Denver ainsi qu'à celle de 2007 à Dallas.

Je trouve originale l'idée du Journal de Montréal d'effectuer ce sondage maison pour déterminer à quoi pourrait bien ressembler le joueur idéal.

J'en viens moi aussi à la conclusion que Sidney Crosby est le joueur qui s'approche le plus de la perfection.

Il est efficace autant défensivement qu'offensivement. Il possède une vision du jeu phénoménale et c'est un excellent leader à tous les points de vue.

Crosby est le genre de joueur que tu veux avoir sur la patinoire à forces égales, lors des situations d'avantage numérique et d'infériorité numérique, pour une mise au jeu importante ainsi qu'en toute fin de rencontre, quand il faut protéger une victoire.

Sans plus tarder, voici mes commentaires sur les dix caractéristiques du joueur parfait qu'on retrouve dans cette démarche faite par le Journal :

Les bons patineurs ne manquent pas dans la LNH. Marian Gaborik est un naturel, Alexander Ovechkin patine comme un train et Patrick Marleau est puissant. J'admire toutefois le côté explosif de Crosby lorsqu'il sort des coins de patinoire pour foncer vers le filet. Lorsqu'il transporte la rondelle, son jeu de pied est littéralement sans faille.

Steven Stamkos semble faire l'unanimité dans la catégorie des francstireurs. Il y a quelques années, Ilya Kovalchuk aurait été mon choix, mais force est d'admettre que Stamkos représente aujourd'hui un meilleur candidat que lui.

Pour le contrôle de la rondelle, mon choix va sans hésiter à Marian Hossa. De toute ma carrière d'entraîneur, je n'ai jamais vu un joueur aussi fort que lui pour conserver la rondelle. Lui enlever le disque est toute une commande. C'est à croire que Hossa a un bâton en béton et que la rondelle demeure collée sur la palette.

Pavel Datsyuk possède des mains magiques. Il a le don de tromper l'adversaire avec ses feintes et ses passes. Il serait capable de déjouer une équipe au complet en manoeuvrant dans une cabine téléphonique !

Les jumeaux Daniel et Henrik Sedin sont de magnifiques fabricants de jeux. Ils pensent de la même façon et ça les avantage, car ils ont cette facilité de se repérer sur la glace. C'est sans conteste le meilleur duo de fabricants de jeux dans la LNH. Tout joueur qui a la chance d'évoluer aux côtés des Sedin devient automatiquement plus productif et Alex Burrows les complète d'ailleurs très bien.

Posséder une bonne vision du jeu n'est pas l'apanage de tous les joueurs. Disons que ça ne se trouve pas chez votre pharmacien Jean Coutu ! Je place Crosby et Datsyuk sur un pied d'égalité dans cette facette. Leur remarquable vision du jeu leur permet de s'accorder cette fraction de seconde de plus qui fait souvent la différence.

Avoir un bon sens du hockey, c'est de l'or en barre. Hossa est l'un des meilleurs, car il peut exceller dans toutes les situations de jeu. Mais il est vrai que la sélection de Nicklas Lidstrom est difficile à contester. Le défenseur de 41 ans ne se retrouve jamais dans le trouble. Lidstrom est capable de jouer durant 26 minutes et on a l'impression qu'il n'a pas une goutte de sueur dans le front tellement il est intelligent dans ses prises de décision sur la patinoire.

Des joueurs qui possèdent de grandes habiletés naturelles, il y en a plusieurs dans la LNH (j'ai un faible pour Claude Giroux), mais il y en a tout autant dans les circuits mineurs qui n'ont pas réussi à percer dans la grande ligue parce qu'ils n'avaient pas la détermination nécessaire pour aller plus haut. Ils ne sont pas prêts à y mettre l'effort. C'est pourquoi on voit autant de joueurs repêchés en première ronde qui n'ont jamais pu s'établir dans la LNH.

Je ne connais aucun joueur aussi fort physiquement que Zdeno Chara. Il est seul dans sa classe. Son père est un ancien lutteur et le fruit n'est pas tombé bien loin de l'arbre. Pour un joueur de format géant, Chara possède un très bon équilibre sur ses patins.

Quel joueur de la LNH a le plus de coeur au ventre ? Martin Saint- Louis constitue un choix facile. Il est comme la souris atomique. Il n'arrête jamais. On voit rarement Martin connaître une soirée où il se fait discret sur la patinoire. C'est un joueur de concession qui donne son plein rendement soir après soir, ce qui n'est pas le cas de tous les joueurs étoiles. Saint- Louis est le genre d'athlète que tout entraîneur rêve d'avoir dans son équipe.

Ovechkin se comporte comme un enfant gâté

Je n'oublierai jamais mes deux participations à titre d'entraîneur lors des matchs des étoiles de la LNH en 2001 et en 2007. J'avais vécu des moments magiques, enivrants.

C'était formidable de côtoyer tous ces grands noms du hockey dans un contexte de célébrations. La classique des étoiles représente vraiment un bel événement.

J'avais pu me faire photographier avec le légendaire Gordie Howe. C'était agréable de discuter avec des grands comme Mario Lemieux et Raymond Bourque.

Ma famille était sur place et j'avais aussi invité mon mentor, Jean-Claude Morrissette, qui a tellement fait pour moi du temps du Titan de Laval.

 

Une mauvaise décision

J'avais vraiment savouré l'expérience et c'est pourquoi je n'approuve pas la décision d'Alexander Ovechkin.

L'attaquant russe a choisi de bouder le match des étoiles parce qu'il est sous le coup d'une suspension de trois matchs pour avoir frappé un rival (Zbynek Michalek, des Penguins) à la tête.

Je trouve cela enfantin de sa part. Il n'y a pas de plus belle vie que de jouer au hockey et de faire beaucoup d'argent.

Ovechkin doit bien ça aux amateurs, qui veulent voir les meilleurs à l'oeuvre lors du week-end des étoiles. Il doit ça aussi à son organisation, les Capitals, ainsi qu'à la Ligue nationale.

Sidney Crosby et Ovechkin sont les deux plus gros vendeurs dans la ligue. Le match des étoiles représente une vitrine de premier choix et en boudant ainsi l'événement, Ovechkin n'aide pas son sport.

C'est un manque de loyauté envers les amateurs. Ovechkin punit les fans, qui n'ont pourtant rien à voir avec sa suspension.


Le dimanche 22 janvier 2012

COLLABORATION SPÉCIALE

Seul Price peut sauver le CH

21/01/2012 03h15 

 
 
 
Bob Hartley

Zurich, Suisse

Plus la saison progresse et plus la situation se complique pour le Canadien en vue d'une participation aux séries éliminatoires.

Ça va lui prendre un miracle pour remonter la pente au classement, c'est-à-dire une longue séquence de succès dans les prochaines semaines. Quelque chose du genre 10 victoires en 12 matchs.

Pour clôturer la saison avec 92 points, ce qui est habituellement suffisant pour participer au grand bal du printemps, le Canadien devra maintenir une moyenne de ,694.

C'est ce qu' on peut appeler une méchante commande.

Le Canadien en est-il capable ?

À Price de jouer son rôle

Il faudrait que Carey Price devienne hot, qu'il vole des matchs, qu'il joue à la hauteur de son grand potentiel, ce qu'il n'a pas fait assez souvent cette saison.

Je regarde régulièrement les rencontres ici en Suisse et il est facile de constater que le jeune gardien a vu son niveau de confiance s'effriter ces derniers temps.

Il doit se ressaisir avant qu'il ne soit trop tard.

Price représente l'unique bouée de sauvetage du CH.

Au sein de ce genre d'équipe qui a été bâtie à Montréal, le gardien joue un rôle capital.

On l'a vu il y a deux ans avec les prouesses de Jaroslav Halak, qui ont redonné espoir aux partisans du Tricolore. Tout le monde a alors surévalué l'équipe. Les succès de l'équipe reposaient avant tout sur les épaules du gardien.

Cunneyworth le motivateur

Malgré les difficultés du Canadien, je trouve que Randy Cunneyworth se tire assez bien d'affaire derrière le banc. Il est plongé dans une situation vraiment difficile et il semble tout de même bien composer avec ça.

Je le trouve intègre. Il semble calme et il affiche une belle prestance, notamment lors des conférences de presse, où il répond bien aux questions.

Cunneyworth devra maintenant démontrer qu'il peut être un bon motivateur. Il ne faut pas que ses joueurs baissent les bras devant l'adversité.

Il doit les convaincre d'agir en véritables professionnels et de fournir leur plein rendement à chaque soir.

Il doit cultiver l'espoir chez ses joueurs. Un entraîneur est aussi un vendeur.

Il lutte aussi pour sa survie

La situation de Cunneyworth me fait penser à celle du gars qui se fait dire par le médecin qu'il lui reste trois mois à vivre.

Ses espoirs d'être toujours à la barre du Canadien la saison prochaine sont très minces. Il assure l'intérim et c'est un emploi des plus précaire.

Cunneyworth se bat pour sauver la saison du Canadien, mais il se bat aussi pour sa propre survie comme entraîneur en chef dans la LNH. Qui sait si une autre équipe ne remarquera pas son travail ? Il dispose de peu de temps pour faire ses preuves.

Des conditions défavorables

Ses débuts comme entraîneur en chef dans la LNH ne se déroulent pas dans des conditions favorables.

Lorsque je me suis retrouvé à la barre de l'Avalanche du Colorado en 1998, la pression était forte parce qu'on avait une équipe pour gagner la coupe Stanley, un exploit qu'on a réussi en 2001.

Je préférais de loin ce scénario à celui qu'expérimente Cunneyworth.

J'ai plongé directement dans la marmite d'eau bouillante et j'ai, au moins, eu la chance de me bâtir une bonne crédibilité dans la LNH.

Cunneyworth n'a pas cette opportunité à Montréal. Il dirige une équipe qui se cherche actuellement.

Le Canadien a limogé deux entraîneurs, il a échangé l'un de ses meilleurs attaquants en Michael Cammalleri et les résultats de l'équipe sont restés les mêmes.

Oui, je plains Cunneyworth et je lui souhaite la meilleure des chances. Il en aura besoin...

 


Le dimanche 8 janvier 2012

CHRONIQUE

Les Panthers : la surprise

07/01/2012 01h46 

 
 
 
Bob Hartley

ZURICH, Suisse - La plupart des équipes de la Ligue nationale auront franchi le cap de la mi-saison au terme de la fin de semaine, ce qui nous permet d'avoir une idée assez juste des forces en présence cette année.

Le moment est donc bien choisi pour analyser les équipes qui ont surpris ou déçu au cours de cette première moitié de calendrier. Et ce n'est pas parce que je travaille en Europe que je n'ai pas d'opinion là-dessus. Je surveille quotidiennement ce qui se passe en Amérique. Allons-y.

Surprise (équipe) : Les Panthers

Les Panthers ont déjà récolté 48 points en 41 matchs, eux qui n'avaient pu faire mieux que 72 points en 82 matchs la saison dernière. S'ils maintiennent la cadence, ils obtiendront plus d'une vingtaine de points de plus que l'an dernier. Toute une amélioration en une seule saison.

Contrairement à d'autres équipes qui ont passablement ralenti après un bon départ (Minnesota, Toronto, Edmonton), les Panthers ont conservé un bon rythme qui leur permet d'occuper le premier rang de la division Sud-Est.

Chapeau à Dale Tallon pour cette fulgurante progression. Tallon est l'architecte de l'équipe championne des Blackhawks il y a deux ans.

En Floride, Tallon est allé chercher José Théodore, qui connaît toute une saison, et il a posé plusieurs autres gestes qui ont permis au Panthers d'être compétitifs dès maintenant. Pensons aux Versteeg, Fleishman, Campbell, Garrison, Kopecky et autres.

Les Panthers forment une bonne équipe, mais je crains que cette belle aventure prenne fin abruptement si Théodore est à l'écart pour une longue période, lui qui est blessé à un genou. Ce n'est pas Scott Clemmensen qui peut prendre la relève. On verra dans les prochains jours si Tallon sortira un autre lapin de son chapeau.

Surprise (individuelle) : Joffrey Lupul

Après quelques saisons décevantes, l'attaquant des Maple Leafs, Joffrey Lupul, est méconnaissable, lui qui a déjà amassé 45 points (18-27) en 40 matchs cette année. Il n'est qu'à huit points de sa meilleure saison en carrière.

Plusieurs avaient abandonné espoir à son égard. D'ailleurs, n'essayez pas de me dire que vous l'aviez sélectionné dans votre pool au cours des quatre premières rondes ! Son patron Brian Burke a eu du flair en faisant son acquisition des Ducks l'an dernier.

J'aimerais aussi accorder une mention spéciale aux Leafs et aux Bruins de Boston. Voilà deux équipes qui ont transigé il y a trois ans, permettant aux Leafs de mettre la main sur Phil Kessel et aux Bruins de repêcher Tyler Seguin.

C'est rare que l'on puisse dire que les deux équipes sont gagnantes dans la transaction. Demandez aux deux organisations si elles referaient la même chose trois ans plus tard, et vous aurez la même réponse. Kessel est phénoménal à Toronto et Seguin est en pleine progression au sein d'une équipe qui peut se montrer patiente avec lui.

Équipe (déception): Les Ducks

Je n'étonnerai personne en vous disant que les Ducks d'Anaheim ne volent pas haut et qu'ils représentent unanimement la plus grande déception de cette première moitié de saison.

Une récolte de 26 points en 38 matchs (avant celui d'hier, contre les Islanders), voilà une très maigre récolte pour une équipe bourrée de talent.

C'est étrange ce qui arrive chez les Ducks. Le doyen Teemu Selanne, à 41 ans, est le meilleur marqueur ( 36 points ), mais les plus jeunes comme les Perry, Ryan, Getzlaf et cie déçoivent. On dirait que la sauce ne prend pas cette année. Leurs déboires ont d'ailleurs coûté l'emploi à Randy Carlyle, mais ce n'est pas mieux depuis la venue de Bruce Boudreau. À mon avis, il y a une bonne explication et c'est ce qui m'amène à l'étape suivante…

Déception (individuelle) : Jonas Hiller

Ça me brise le coeur de dire cela, parce que c'est un homme très apprécié ici dans son pays, mais le gardien suisse Jonas Hiller n'est plus l'ombre de lui-même devant le filet.

Il semble avoir perdu ses repères depuis qu'il est affligé par des symptômes de vertige. Hiller n'a pas donné aux Ducks une présence rassurante devant le filet cette année et Dan Ellis ne semble pas être une solution de rechange.

Le Canadien : une déception

Finalement, comme plusieurs, je vois le Canadien comme étant une déception en première moitié.

Les vétérans n'ont pas amorcé la saison du bon pied et les jeunes Carey Price et P. K. Subban n'ont pas dominé comme ils l'ont fait l'an passé.

L'absence de Markov, combinée au départ de Hamrlik et de Wisniewski, ont créé un grand vide d'expérience à la ligne bleue, causant aussi beaucoup de problèmes aux unités spéciales.

En fait, la chimie ne s'est jamais installée, la confiance s'est effritée et par conséquent, ça nous donne les résultats que l'on connaît.

Halak : la meilleure transaction de Gauthier

Les Blues de Saint Louis s'amènent à Montréal, mardi, et il s'agira de la première visite de Jaroslav Halak au Centre Bell depuis qu'il a été chassé de la ville, le 17 juin 2010.

J'espère que l'entraîneur Ken Hitchcock utilisera Halak contre le Canadien et permettre ainsi aux amateurs d'assister à un duel entre lui et Carey Price.

Les deux gardiens sont des coqueluches à Montréal. Les partisans auront ainsi une première occasion de saluer Halak depuis la saison extraordinaire qu'il avait offerte au Tricolore en 2009-2010.

À refaire ?

Dix-huit mois après la transaction, qu'en est-il de la situation ? J'étais l'un de ceux qui ont dénoncé le départ de Halak. Je crois que le CH aurait dû garder les deux gardiens et en faire un duo du tonnerre, comme c'est le cas avec Tim Thomas et Tuuka Rask à Boston.

Mais avec le recul, je dois admettre qu'il s'agit de la transaction la plus osée et la meilleure de Pierre Gauthier depuis qu'il est en poste.

Price s'est replacé depuis le départ de Halak et ce, même s'il a connu une première moitié de saison ordinaire cette année. En prime, le Canadien a mis la main sur Lars Eller, le nouveau héros danois. Au-delà de sa soirée magique de quatre buts, Eller est en train de devenir un élément important au sein de l'équipe.

Quant à Halak, il connaît un regain de vie présentement, mais il a vécu une longue traversée du désert en début d'année. Brian Elliott a très bien pris la relève, lui qui présente de belles statistiques avec une fiche de 14-5 et une moyenne de 1,70 buts alloués par match.

Le Canadien prendrait la même décision si c'était à refaire, mais je me demande si les Blues en feraient autant…

 



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